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Sept jours pour une éternité

Sept jours pour une éternité, de Marc Lévy

Rayonnage : Roman

 

http://www.blog-o-book.com/wp-content/uploads/2009/02/7_jours_pour_1_eternite.jpg

Résumé

Zofia a une vie toute dévouée aux autres. Elle vit à San Francisco, chez Reine Sheridan, une ancienne grande reporter, a pour meilleure amie Mathilde, une ancienne camée devenue serveuse de bar sur les docks, pour confident un certain Jules, sans-abri sur ces mêmes docks, pour boulot un poste d'agent de sécurité sur ces (encore) mêmes docks, et veille sur une foule de gens un peu paumés ou tristes, qui tous ne peuvent plus se passer de sa présence ; son "parrain" s'appelle Gabriel. Lucas, lui, vit à New-York, il exerce des métiers flous, cherche sans cesse à déstabiliser l'économie des entreprises dans lesquelles il exerce ses talents, et est expert dans le vol de voitures, toutes de luxe. Mais aucun des deux ne montre réellement ce qu'il est : Zofia appartient à la CIA (Centrale de l'Intelligence des Anges), Lucas au monde des Enfers.
Un jour, ils sont envoyés sur terre par leurs "patrons", respectivement Monsieur d'un côté, chez qui tout est sublime, passionné de décollages de fusées humaines, et Président de l'autre, qui est tout mauvaise humeur et cruauté, afin de remplir un pari : ils ont une semaine pour établir le règne du Bien ou celui du Mal sur la terre, avec pour terrain de chasse une grande ville des USA... La ville choisie pour ce duel, ou cette partie d'échec, comme vous voudrez, est San Francisco, aux USA. Dieu et Satan ont tout prévu pour gagner, sauf une chose : qu'ils se rencontrent... Et je ne vous raconte pas la fin, ce ne serait plus drôle sinon !

 

Mon avis

J'ai lu tous les opera (et oui, le pluriel d'opus ! ;) ) de Marc Lévy, et celui-ci est assurément celui qui m'a le plus plu. L'histoire est originale, bien qu'un peu convenue sur la fin (même si c'est une fin que j'adore, et que rien que pour l'annonce finale, je le relis toujours avec plaisir !), car on s'attend à ce que l'ange et le démon tombent réellement amoureux. Mais plus qu'une histoire plaisante à lire, je m'aperçois à cette relecture qu'il nous offre également quelques beaux sujets de réflexion, sur le Bien et le Mal, sur l'attrait qu'exerce l'autre au détriment de l'un, et pourquoi il est parfois plus facile d'aller vers le Mal que vers le Bien. Zofia et Lucas représentent bien leur entité respective : la force qui soutient l'une est égale au charme que dégage l'autre, et cette opposition n'est pas absurde : à bien y réfléchir, c'est toujours ainsi que les choses nous sont présentées, et que nous devons les voir.

Ce récit est celui d'un roman tout public sans prétention intellectuelle. Il s'inscrit clairement dans un registre comique. Cependant, certains passages atteignent une certaine profondeur théologique. À la fameuse question de savoir pourquoi Dieu n'a pas éradiqué la faim dans le monde, anéanti toutes les maladies, interdit que quiconque attente à la dignité d'un enfant, réconcilié toutes les religions, et « soufflé une immense moisson de tolérance sur la terre », à cette question piège posée à tout croyant, Jules, un clochard fréquenté par les deux êtres spirituels, répond par exemple : « Tu le sais aussi bien que moi, tout cela ne dépend pas de Sa volonté, mais de celle des hommes à qui Il a confié la Terre. Il n'existe pas de Bien immense que l'on puisse se représenter, Zofia, tout simplement parce que, au contraire du mal, le bien est invisible. Il ne se calcule ni ne se raconte sans perdre de son élégance [...]. L'apogée du mal que tout le monde redoute n'est rien d'autre que la fin du monde, mais ce même chacun semble ignorer que l'apogée du bien a déjà eu lieu… le jour de la Création. »
Plus fondamentalement, la sortie progressive du registre surnaturel à laquelle mène finalement cette histoire d'ange et de démon se transformant peu à peu en humains par le miracle de l'amour, offre une réflexion particulièrement intéressante. À l'issue du roman, en effet, la question du Bien et du Mal, bien que toujours posée en des termes religieux, puisque Dieu et Satan sont toujours là, ne se situe plus sur le plan du sacré, comme au début, mais sur celui de l'humain. À la confrontation pur/impur, est substituée la tension humain/inhumain au gré d'un récit qui fonctionne donc comme une machine à désensorceler le monde. Ce qui, en ces temps de face-à-face dangereux entre axes du Bien et axes du Mal, est loin d'être insignifiant.
Somme toute, ce roman de Marc Lévy, à mi-chemin entre le conte théologique et la fable moderne, ressemble bien à l'un de ces objets anciens auxquels Rabelais comparait ses propres livres : les Silènes, ces petites boîtes sur lesquelles étaient peintes des figures amusantes et frivoles pour inciter les gens à rire, mais qui contenaient de précieux ingrédients. (source)

Désolée pour cette lecture un peu théologique, mais j'ai trouvé cette réflexion sur un site catho, et cela correspond si bien à mon sentiment après cette relecture que je n'ai pu résister à vous copier-coller cette critique qui n'est pas de moi (mais je cite ma source, hein !!). Rien ne vous empêche d'avoir aimé ce livre sans y voir cet axe un peu particulier ! ;)

Lisbei 10/09/2011 21:11


Coucou Bernie !
Moi aussi j'ai lu ce roman, et j'ai bien aimé ... mais sur le thème de l'ange et du démon envoyés sur Terre, j'ai préféré le désopilant "De Bons Présages" de Terry Pratchett et Neil Gaiman, qui
sont deux de mes auteurs préférés !
Bises !


Bernie 11/09/2011 08:15



Oui, c'est vrai que le Pratchett/Gaimann était bien plus drôle ! J'en ai déjà parlé, d'ailleurs... ;-)