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Quatre enterrements et un mariage

Quatre enterrements et un mariage, de Matthieu Noli

Rayonnage : Romans, humour

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Résumé

Quand meurt le fantasque baron Christobal de Kerniguet, les rivalités entre ses trois fils se déchaînent. L'aîné Roman pense que tout lui est acquis, le titre, les terres, le château familial ; le cadet Paul, toujours dans une compétition féroce contre son aîné, veut tout lui disputer pied à pied, tout en espérant une promotion qui le placerait à un poste plus élevé que celui de son frère. Quant à Archibald, le benjamin, doux rêveur indécis, il ne sait quel parti prendre, car il ne veut surtout pas avoir à choisir.

Leur tante Isadora estime qu'une partie de l'héritage de son frère lui revient également, et les femmes de Ronan et de Paul pensent avoir aussi leur mot à dire. Tout ce petit monde se déchire, se réconcilie, se quitte, se marie, se retrouve, dans un joyeux bazar, jusqu'à ce que les drames les ramènent à la raison.

 

Mon avis

Je garde un avis très mitigé sur ce roman. Les personnages sont outranciers, décrits de façon exagérée, le trait est souvent forcé, et aucun, à part Archibald et Isadora, ne m'ont semblé sympathique dès le début. Chaque personnage est présenté par un portrait qui, à grands traits, retrace sa vie depuis l'enfance jusqu'au jour présent, dans le but, semble-t-il, d'expliquer la psychologie de chacun. Mais à mon sens, beaucoup trop de choses sont trop exagérées pour être réalistes.

Le comportement des frères aînés et de leurs femmes m'ont semblé les moins faciles à supporter. Entre Ronan, qui veut toujours avoir raison sur tout et faire mieux que tout le monde, quitte à leur marcher dessus (et surtout sur son frère Paul), Paul, qui tente toujours de battre son frère sur des détails futiles (son poste dans la société, la rapidité à obtenir une promotion, récupérer sa voiture avant son aîné) et leurs femmes qui sont en compétition féroce pour être la première à atteindre la taille 34, j'ai trouvé que l'on nous livrait là un tableau bien dégradant de la pseudo-noblesse bretonne dont les deux frères se réclament.

Quant à Archibald, le troisième frère, plus doux et plus sage que les deux autres, j'ai souvent eu envie de le secouer pour lui remettre les idées en place, ou pour le forcer à ouvrir les yeux, sur ses frères, sur ses ami(e)s. A force de ne vouloir prendre le parti de personne, de ne vouloir blesser personne, il paraît parfois un peu mou, indécis, difficile à suivre. Cette indécision nous est certes expliquée dès le début, mais je n'ai pas trouvé cela très crédible. Cependant, à la longue, c'est le plus sympathique des trois frères, et ce dès le début du roman. On le prend très vite en pitié, je pense.

La tante Isadora est pour sa part une vieille dame peu conventionnelle, qui m'a souvent fait rire par son comportement et son bon sens à toute épreuve. Elle est lucide sur ses neveux, elle sait comment les prendre, le provoquer, pour les faire réagir, et cela fonctionne à tous les coups. Elle fume comme un pompier, boit comme un trou, jure comme un charretier, croit dur comme fer aux chakras, à la réincarnation et à d'autres fantaisies religieuses, mais elle est au fond très sympathique, et pas seulement à cause de sa passion pour les chats (dont j'adore les noms, au passage, il fallait y penser !), mais surtout grâce à cette lucidité.

J'ai beaucoup aimé le passage où apparaît Albert-Félix, ou plutôt sa brève apparition dans la vie des trois frères. Tout ce que l'on apprend sur lui le rend extrêmement sympathique, il est plutôt dommage qu'il disparaisse si rapidement, j'aurais aimé savoir comment il aurait pu prendre sa place dans la famille.

J'ai trouvé détestable la façon dont Roman et Tina mènent leur vie de parents. Leurs fils Odin et Thor sont des adolescents pitoyables, ils fument, se droguent, couchent à droite et à gauche, font les pires bêtises, mais ils sont pourris-gâtés par leurs parents qui leur laissent billets de 200 sur billets de 200 pour passer le week-end. Ronan et Tina ferment les yeux, quand on tente de les leur ouvrir, ils refusent de voir la vérité car leurs fils ne peuvent être si mauvais garçons. Du coup, quand le drame frappe, quand ils sont mis face à la réalité, ils sont obligés d'ouvrir les yeux, et là encore leur comportement est outrancier. Et même si l'événement est dramatique, il est dommage qu'il arrive si tard dans le roman, car le changement radical d'attitude m'a paru plutôt bénéfique.

En bref, je garde un avis très mitigé sur ce roman. Certaines choses m'ont beaucoup plu, d'autres m'ont fait rire, d'autres m'ont écoeurée, d'autres encore m'ont paru totalement irrationnels ou futiles ou exagérés. Il s'agit d'un premier roman, peut-être faut-il imputer ces irrégularités à cette inexpérience ?

      ***

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Lisbei 09/08/2012 21:30

Hello Bernie !
Pour répondre à ta question, oui, Das Döppelte Lottchen, Deux pour une, c'est bien allemand ! Et j'adore ce livre, en français, bien sûr, je l'ai lu plein de fois quand j'étais enfant ... par
contre, j'ai vu il y a quelques temps l'adaptation américaine en film, trop nulle ...
Orange ne marche pas ce soir, je n'ai pas accès à ma messagerie, c'est pour ça que je te réponds ici ...
Bisous !

Bernie 10/08/2012 08:48



Oui, si ma mémoire est bonne le film s'appelait "A nous quatre"... Pas terrible, comme trop souvent !


J'avais beaucoup aimé le livre, lu plusieurs fois quand j'étais jeune, moi aussi ! ^^



Labrige 08/08/2012 11:06

Le commentaire que tu en fais ne me donne pas trop envie de le lire ........ J'ai compris, vers la fin, que c'était contemporain ? Bon, de toute façon ma PAL est encore assez conséquente !

Bernie 08/08/2012 13:09



Oui, c'est contemporain. Et non, je ne pense pas que tu aimes ! ;-)